25.1.14

Les femmes au cinéma / vengeresses, tueuses, souffreteuses, etc.


8.Représentations de la femme vengeresse (ou pas) dans le rape and revenge
Crime à froid, B. Arme Vibenius
La maison au fond du parc,
R. Deodato
M.S.45
, A. Ferrara
Run bitch run ! J. Guzman
La femme scorpion, S. Ito
Descent, T. Lugacy
Julia X, P.J. Pettiette.
Quand l'embryon par braconner, K. Wakamatsu
I spit on your grave, M. Zarchi
Red to kill, B.T. Hin-Shing

9.Pas facile d'être une meuf (même si on y remédie parfois)
Clean, O. Assayas
The disappearence of Alice Creed, J.Blakeson
Stoker, P. Chan-Wook
Girl fight, K. Kasuma
Lilja 4 ever, L. Moodysson
Jeune et jolie, F. Ozon
The bunny game, A. Renmeier
Death proof, Q. Tarentino
La servante écarlate, V. Sclöndorf
Va, va vierge pour le deuxième fois, K. Wakamatsu
Les anges violés, K. Wakamatsu
Piscine sans eau, K. Wakamatsu

10.Représentations de la femme tueuse
Freeway, M. Bright
Violette Nozières, C. Chabrol
Lady snowblood, T. Fujita
La petite fille au bout du chemin, N. Gessner
Monster, P. Jenkins
Jennyfer's body, K. Kusama
Alyce, J. LeeAll the boys love Mandy Lane, J. Levine
Teeth, M. Lichtenstein
The woman, L. McKee
Audition, T. Miike
Mutant girls squad, Y. Nishimura & T. Sakaguchi
Carrie, 2013, K. Pierce
Répulsion, R. Polanski
Serial mom, J. Waters

*Liste incomplète tant pour les films vus que pour les introuvables

23.1.14

Histoire du XX° siècle par le cinéma / Nazisme, fascisme, extrême droite, etc.


2. Représentations du nazisme
Le vieux fusil, R. Ennrico
Portier de nuit, L. Cavani
Lili Marleen, R.W. Fassbinder
Lola, une femme allemande, R.W. Fassbinder
Der neute Tag, V. Schlöndorf
Europa, L. Van Trier

3.Représentations du fascisme dans le cinéma italien
Il conformista, B. Bertolucci
Novecento, B. Bertolucci
Amarcord, F. Fellini
Rome ville ouverte, R. Rossellini
Le jardin des Finzi-Contini, V. de Sica
Une journée particulière, E. Scola
Les damnés, L. Visconti

4.Représentations de l'extrême droite après 39-45
The believer, Danny Balint, H. Bean
La vague, D. Gansel
Kriegerin, D. Wuendt

5.Représentations jobardes du nazisme
Outpost, S. Baker
SS hell camp, L. Batzella
La bestia in calore, L. Batzella
Salon Kitty, T. Brass
L'ultima orgia del III° Reich, C. Canevari
Ilsa, la louve des SS, D. Edmonds
SS experiment camp, S. Garone
L'incinérateur de cadavres, S. Mrtvol
Train spécial pour SS, A. Payet
Iron sky, T. Vuorensola
Dead snow, T. Wirkola

*Liste encore incomplète tant pour les films vus que ceux encore introuvables.

22.1.14

Histoire du XX° siécle par le cinéma / Les mouvements de lutte armée


1.a. Japon
United red army, K. Wakamatsu
Sex Jack, K. Wakamatsu
Les anges de l'extase, K. Wakamatsu
Coup d'état, Y. Yoshida

1.b. Allemagne
Die dritte Generation, R.W. Fassbinder
Mutter Küsters fahrt zum Himmel, R.W. Fassbinder
Les 3 vies de Rita Vogt, V. Schlöndorf
La bande à Baader, U. Edel

1.c. Italie
Colpire al cuore, G. Amelio
Segreti, segreti, G. Bertolucci
La seconda volta, M. Calopresti
Io ho paura, O. Damiani
Buongiono notte, M. Bellocchio
La polizia accusa, S. Martino
Nos meilleures années, M. Tullio
La prima linea, R. de Maria

1.d. Divers
Carlos, O. Assayas
Running on empty, S. Lumet
Hunger, S. McQueen

*Liste encore incomplète, tant pour les films vus que pour ceux encore introuvables.
**Un article est en cours de rédaction.

14.11.13

Sommeil peuplé de femmes vengeresses.

Plus rien ne se dit par ici, pourtant les découvertes sont nombreuses et enrichissent la collection de films à partager. Cette fameuse collection se liste désormais dans un grand cahier orange (moche) pour en faciliter la gestion et la mémoire. Je ne reviendrai pas sur les choses anciennes, puisqu'elles sont aujourd'hui bien trop loin de moi, loin des obsessions de ces derniers jours autour de la série de 7 films La Femme scorpion et de Koji Wakamatsu.   

Ces obsessions se sont articulées alors que je reprenais la compulsion des rape and revenge, genre comptant des productions plutôt excitantes (pas sexuellement) dans les années 70 et 80. Excitantes, parce que présentant des personnages de femmes qui pour la plupart, malgré les violences qu'elles subissent, ne se laissent pas aller à l'esclavage consenti.  
Dans les films de cette période, on peut isoler deux catégories : les films présentant des femmes se vengeant elles-mêmes, prenant les armes et tuant leur(s) agresseur(s) (la plupart du temps, les agresseurs sont plusieurs, topique de la camaraderie masculine qui me dépasse totalement, mais là n'est pas le sujet) et ceux où elles sont vengées par un frère, un petit ami, voire un père. 
La seconde catégorie m'intéresse nettement moins, puisqu'elle laisse les femmes dans un statut de proie, d'infériorité.
Dans la première catégorie, on peut lister I spit on your grave (la version de 1978), They call her on eye, A gun for Jennyfer (dont je cherche encore les sous-titres français), La Femme scorpion et par exemple, Quand l'embryon part braconner du fameux Wakamatsu, dont une bonne partie des films débute par une scène de viol. 

J'avoue être particulièrement touchée par les premiers volets de La Femme scorpion et le film de Wakamatsu parce qu'ils présentent des femmes qui vont au contact et se vengent à l'arme blanche, produisant contre l'éros non consenti, un thanatos avec proximité des corps et figure de pénétration (oui, je retournerai chez le psy, mais pas tout de suite, j'ai d'autres obsessions à cajoler). 

J'en viens à ce qui m'a exaspéré et qui va être le centre de ce billet. J'ai vu, il y a quelques jours, Descent de Talia Lugacy. Maya, une étudiante sacrément bûcheuse et bêcheuse, jouée par Rosario Dawson, rencontre un blanc bec prétentieux lors d'une soirée merdique. Il lui fait du gringue. Elle le rejette d'abord puis consent à un rendez-vous sans date déterminée. L'étudiante aurait souffert d'une précédente relation terminée en eau de boudin, ce qui la rend peu accessible et disposée à remettre ça. Mais comme le blanc bec lui fait le coup de la contemplation des étoiles et du restau chic à la con, elle finit par le suivre pour aller s'enfiler une dernière bouteille de blanc chez lui. Ils se câlinent sur le canapé. Les caresses devenant plus pressantes, la demoiselle demande une suspension. Elle n'est évidemment pas reçue et le blanc bec finit par la violer en la traitant de sale négresse. 
Maya se coupe les cheveux (on ne le voit pas à l'écran, mais je l'ai remarqué), prend un job minable pour l'été dans une boutique de fringues où elle plie des t-shirts avec grand soin. Les autres employés se fichent d'elle, devenue encore plus glaciale depuis son expérience traumatique. La nuit, elle va boire dans une boîte à cul et y fait une rencontre décisive un soir où elle termine morte bourrée. 
La rencontre décisive est un black bellâtre musculeux adepte des partenaires multiples. Il aurait pour spécificité de sauver les filles auxquelles il est arrivé des emmerdes. On nous prévient 12 fois au cas où nous, spectateurs, serions complètement cons : c'est un personnage ambivalent, bon et mauvais à la fois, complexe, pas facile... Je ne donnerai pas autant de qualificatifs que le fait le film quand bien même je reproduise succinctement la figure. 
La bêcheuse picole, prend de la coke, sa tape des types et des gonzesses (on le déduit, on ne le voit pas à l'écran, c'est un film propre). Bref, elle fait l'expérience d'une vie et d'une sexualité plus libre et comprend miraculeusement en se regardant dans la glace un lendemain de cuite que l'on peut être autre chose qu'un être contrit, pétri de conventions protestantes amerloch'. Qu'on ne s'enflamme pas, elle ne fait qu'entrer dans d'autres conventions pseudo-protestataires.
Dans tous les synopsis donnés à lire en ligne, cette période noctambule dans des lieux interlopes (pardon, les poncifs m'amusent) est décrite comme une « descente aux enfers ». C'est qu'il ne faudrait pas trop donner l'impression qu'on cautionne qu'une femme se laisse aller à une sexualité débridée sans que ce soit le revers d'un traumatisme. On sait bien que les femmes qui expérimentent librement leur sexualité sont forcément des victimes, salopes tout de même. Les femmes correctes ne font du sexe que par amour ou pour faire des enfants, c'est bien connu. 

Vient le temps de la vengeance... A la rentrée universitaire, Maya devenue assistante de l'un de ses professeurs, croise son violeur à la fac. Elle le grille ensuite trichant à un examen, ouuuuh le vilain. Elle le lui signale alors qu'il vient remettre sa copie. Lui, évidemment, relevant totalement du mal, prend cela comme des avances masquées et propose un autre rendez-vous. La tête basse et apeurée tout de même, elle consent. 
Comme tout est cousu de fil blanc, elle mène le second rendez-vous, demande au mec de se foutre à poil, lui signale sa gêne sans trop s'en amuser. Elle lui bande les yeux, le mène à la chambre où elle l'attache au lit, comme s'il s'agissait d'un jeu sexuel. Évidemment, elle l'encule avec un gode et clou de la vengeance, elle fait venir son pote sauveur des âmes perdues pour qu'il viole le violeur. Elle pleure. Oui, elle pleure. Elle tourne le dos à la scène et chouine, sur ce qui lui est arrivé, sur ce qui arrive à son violeur, c'est trouble. Bouhouhou, que c'est trouble. Et voilà, générique de fin. 

Vous l'aurez compris, ce film a exaspéré mon vieux fond de féministe non encartée. Il y a là-dedans de la bonne vieille morale à papa du début du siècle dernier qui revient abominablement dans la bouche, les représentations des femmes du début de ce siècle-ci. Parce qu'il s'agit de le remarquer, ce film est réalisé par une femme en 2007. Et insidieusement, elle nous montre combien il s'agit de consentir encore à la protection masculine, à une morale merdique régissant la sexualité. Et surtout, on ne se venge plus à l'aveugle en tuant, sous le coup de la saine et sainte colère. On se vengeouille en reproduisant le schéma du bourreau et culpabilisant presque de le faire, parce que la vengeance, c'est mal.
Ce qui me rassure, c'est qu'aujourd'hui, sale époque où l'on propose aux femmes des vêtements anti-viol, dans la vraie vie, je sais qu'existe une Diane qui porte perruque et vêtements noirs pour aller venger ses consœurs violées par des chauffeurs de bus mexicains. Chaque fois que je pense à elle, j'espère qu'elle est encore libre et que les flics ne la choperont jamais.

3.4.12

Deranged, 1974.

Kinotarama à vu :

Deranged : Jeff Gillen, Alan Ormsby.


Genre(s) : Comedie, crime,  horreur
Février 1974 (USA) - Durée : 82 min
Pays : Canada | USA - Langue(s) : Anglais

Avec : Roberts Blossom, Cosette Lee, Leslie Carlson, Robert Warner, Marcia Diamond, Brian Smeagle, Arlene Gillen, Robert McHeady, Marian Waldman, Jack Mather, Micki Moore, Pat Orr, ...

Synopsis : Ezra Cobb est un simple d’esprit qui a toujours vécu surprotégé par sa mère possessive. Il reste à son chevet lorsqu’elle tombe malade. Quand elle vient à mourir, il ne le supporte pas, et fait comme si elle vivait toujours. Mais peu à peu il commence à entendre la voix de sa mère lui demanda de la ramener à la maison. La raison d'Ezra vacille totalement et il va chercher le cadavre de sa mère au cimetière. Pour lui rendre une beauté, il se met à déterrer d'autres cadavres et à prélever des bouts de peaux pour la rafistoler. Il conserve également les corps pour qu'ils tiennent compagnie à sa mère. La folie d'Ezra ne fait que commencer...

1.4.12

chronique digestive 2/

"On t'a donné la parole et tu dis que de la merde, mec !"

Dead heads, Brett Pierce, Drew T. Pierce, 2011.

Avec : Michael McKiddy, Ross Kidder, Taylor Markus, ...
Genre : Comédie, Epouvante-horreur
USA 2011


Du temps de mon adolescence de presque vieille conne née au début des années 70, le teen movie, lorsqu'il était bien réalisé (Breakfast club ou La Folle journée de Ferris Bueller, de John Hugues, évidement) était un genre qui permettait une acide critique sociale, pointant les convenances passablement emmerdantes auxquelles il allait falloir se plier en entrant dans l'âge adulte, se choisissant une carrière et un compagnon ou une compagne en vue d'une reproduction des spécificités de sa CSP. Ceci, en mettant en confrontation des personnages représentant l'ordre et d'autres refusant de s'y soumettre. Et donc, lorsque c'était bien foutu, cela pouvait être jubilatoire.
Le film de zombies, quant à lui, était l'occasion de faire un truc gore, absurde avec grognements et rebondissements sanglants. Le zombie, peut représenter tout ou n'importe quoi et surtout, rien du tout. Ça peut être tout aussi jubilatoire et bien tordant. Oui, j'aime les films des zombies, particulièrement  lorsqu'ils sont absolument débiles comme l'indépassable, l'immanquable, l'impeccable Bad Taste que nous diffuserons très probablement au Kino.
Dead heads est au croisement de plusieurs genres, et outre le fait qu'il ait été programmé l'an passé à l'Etrange festival, c'est en grande partie ce qui m'a motivée à le regarder. Par ailleurs, autre aspect non inintéressant a priori, c'est un film où certains zombies sont doués de parole et de pensée.
Mais trêve de tripatouillages génériques, venons en au synopsis : un post-adolescent non pas boutonneux, mais en bonne voie de décomposition, se réveille de la mort sans en avoir conscience et échoue dans un cimetière ou des zombies décérébrés se battent pour les meilleurs morceaux de quelques cadavres. Il y rencontre un autre post-adolescent zombifié un peu plus au fait de son état. Malgré la débâcle, les deux comparses vont se taper un burger cru et deviser gentiment de leur nouvelle condition. Ils se découvrent totalement en marge : ils ne sont pas tout à fait zombies puisqu'ils ont une conscience et ne sont plus humains, puisqu'ils  sont  morts. Que leur reste-t-il ? L'amour, évidemment, l'amour. L'un des deux comparses ne se rappelle pas sa mort, en revanche, lui reste gravée en mémoire l'image de sa blonde. Il conserve au fond de sa poche la bague de fiançailles qu'il souhaitait lui offrir. Bravant les combats ineptes entre zombies et humains, nos deux compagnons se mettent en devoir de retrouver la fameuse blonde. Ils sont accompagnés d'un troisième zombie, vraiment débile pour le coup, mais doué d'une étrange affection protectrice pour nos deux marginaux.
Même si ça joue avec les codes, même si ça s'en moque un peu, même si, même si, ... Tout cela est plutôt décevant.
Tapons dans la topique comme dirait l'autre : les zombies sont des zombies. L'humain qui est à l'origine de leur transformation est un vrai méchant. L'humain gentil qui tente de comprendre ce qui se passe est un vrai gentil même s'il canarde grave et semble être à l'origine un peu bad boy. Et nos deux zombies pensants ne sont pas bien futés. En outre, malgré quelques petits écarts, ils restent des post-adolescents bien conventionnels. Quelques personnages secondaires humains ou zombies totalement débiles remplissent leur fonction de personnages secondaires débiles. Et pour l'attendrissement, on est dans la comédie romantique pour jeunes. On n'évite pas de passer par la variante du bal de promo : la réunion des anciens du lycée. On nous fait le coup du père, le coup de la déclaration, le coup de l'attente, le coup du baiser avec applaudissements. Tout cela avec une petite ironie gentillette de parodie légère. Et... Et bien et voilà, générique.
J'avoue, je me suis passablement emmerdée. Dead heads, c'est seulement un petit film de distraction à rebondissements. Ça en met met plein la vue sur le papier. Mais au bout du compte, on peut le regarder en s'endormant et ne pas aller jusqu'à la fin. Puisque, seules quelques idées sont bonnes et non leur réalisation. Si l'on va jusqu'au bout, encore sur sa faim, on prend le risque de se trouver avec l'envie de faire des pâtes et de regarder un autre film.